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Quand le succès monte à la tête de Madame le maire de Francheville

Le conseil municipal du 30 mars 2026 nous a apporté une certitude : la majorité réélue le 15 mars dernier entend gouverner Francheville seule, sans contrôle, sans débat et sans transparence.


Réélue avec 64% des voix, Claire Pouzin entame son second mandat avec un très mauvais signal vis-à-vis de l’opposition. Michel Rantonnet, ce maire qu’elle a elle-même qualifié d’autocrate, avait accordé à l’opposition 7 places dans les diverses commissions et représentations (Aquavert, gendarmerie, Sygerly et autres). Après sa victoire à l’élection partielle de 2025, Claire Pouzin avait porté ce nombre à 8.
Hier soir, d’un trait, la majorité a réduit cette présence à 2 sièges : ceux qu’ils sont obligés de nous accorder.
La raison invoquée ? Les nouveaux élus de la majorité souhaitent s’investir (les précédents apprécieront !) Autrement dit : puisque nous avons gagné, nous prenons tout. Cette logique du vainqueur qui rafle la mise confond élection et domination. Les commissions municipales ne sont pas des privilèges de majorité, elles sont des instances de contrôle démocratique au service de tous les habitants.


En réduisant l’opposition au strict minimum légal, la majorité ne fait pas que nous écarter. Elle prive les Franchevilloises et les Franchevillois d’un regard indépendant sur la gestion de leur ville.

Un débat budgétaire opaque

La présentation du rapport d’orientations budgétaires 2026 aurait dû être un moment de transparence sur l’avenir financier de la commune. Elle a été laborieuse. Les chiffres manquaient, les estimations devaient être arrachées, les réponses venaient au compte-gouttes. Ce n’est pas ainsi qu’une majorité rend compte de sa gestion devant les élu·e·s et, à travers elles et eux, devant les habitant·e·s. La perspective d’une augmentation des impôts est évoquée « si on ne peut pas faire autrement ». Pour financer la forte hausse des investissements, cela semble effectivement inévitable. La dette de la commune va exploser.

Le projet AURIVA : 20 millions d’euros votés en cinq jours

Le clou de la soirée aura été la délibération sur le Projet Urbain Partenarial du quartier de Bel Air. Ce projet, construction d’une nouvelle école, aménagement d’un quartier entier, convention avec le promoteur Eiffage, engage la commune pour plus de vingt millions d’euros sur le mandat. Nous avons reçu les documents il y a cinq jours. Aucune réunion préalable. Aucune présentation aux élu·e·s d’opposition ni aux habitant·e·s. Des questions budgétaires fondamentales sans réponse : quel est le coût global réel pour la commune ? Qui finance le parc public ? Y a-t-il eu un diagnostic de pollution des sols sur le terrain de la future école ? Quel est le manque à gagner fiscal lié aux exonérations accordées au promoteur sur 10 ans ?
Nous nous sommes abstenus,

Non pas contre l’école, les enfants de Bel Air en ont besoin. Mais parce qu’un engagement financier de cette ampleur, soumis au vote sans information suffisante, sans débat préalable, au deuxième conseil municipal d’un nouveau mandat, ce n’est pas de la gouvernance : c’est de l’expédition.

souligne fermement Aliénor Perrard.

Francheville mérite mieux

Nous avons été élu·e·s pour représenter celles et ceux qui nous ont fait confiance. Nous continuerons à le faire, avec les moyens que la majorité veut bien nous laisser. Mais nous alertons les Franchevilloises et les Franchevillois : quand l’opposition est réduite au silence, c’est leur droit à l’information et au contrôle qui disparaît avec elle.

Nous poserons toutes les questions, nous demanderons tous les chiffres, et nous rendrons compte publiquement de ce que nous obtenons, ou de ce qu’on refuse de nous donner.

Les conseillers municipaux d’opposition de Francheville en Commun : Aliénor Perrard, Andreu Calvo Huguet, Hélène Duvivier
31 mars 2026